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L'agenda

  • 24/10 Service Design Global Conference 2012

    La conférence annuelle du SDN se tiendra à Paris cette année.

  • 23/08 Service Design in Tourism

    1ère conférence dédiée au design des services touristiques, à Innsbruck en Autriche du 23 au 24 Août 2012 : http://bit.ly/zY78dw

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Cartes illustrées des grands principes du Design de Services

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ÉDITO Le design de services ou l'éloge de la modestie

La cinquième édition des «Apéros du Design de Services» était hébergée mercredi dernier chez Plein Sens, un bureau d'étude et de conseil. Nous y recevions Patricia Bastard, directrice du développement de l’antenne française de l'agence Yellow Window. Voici quelques extraits issus de la présentation de Patricia ainsi que de l’échange avec le public. Lire l'édito ...

1 minute de Design de Services

Pour découvrir toute la série des vidéos "1 minute of Service Design", rendez-vous sur Vimeo .

Et oui, heureusement qu'on parle aussi anglais dans la communauté française du Design de Services ;-)

  • 1 Airbnb

    Dans la veine du couchsurfing ou du cohousing, les nouvelles pratiques d’accueil "chez l’habitant" voient naître en 2008 les chambres d’hôtes Airbnb. Cette plateforme propose de mettre en relation ceux qui ont un logement disponible avec des voyageurs qui cherchent un hébergement. Le service en ligne rend accessible à tous les outils pour créer et gérer sa petite entreprise hôtelière.

     «la créativité peut résoudre des problèmes»*

    Joe Gebbia, Brian Chesky, et Nathan Blecharczyk, fondateurs du projet, sont issus de la Rhode Island School of Design. Au cours de leur scolarité, ils diagnostiquent le besoin de renouveler les pratiques du voyage de courte durée pour offrir une alternative à l’hôtel. S’appuyant sur l’authenticité des ressources locales, les designers élaborent des services qui vont permettre à chacun devenir hôte et partager une expérience sociale, tout en profitant d’une nouvelle source de revenus. La mise en relation de deux types de besoins complémentaires les mène à une solution performante.

     Accompagner les usagers

    La plateforme est conçue pour que l’expérience soit « sans effort pour l'utilisateur ». Espace personnel, annonce gratuite, mise en relation directe, assistance téléphonique, transactions en ligne, traductions, alertes mail, etc. sont autant de services qui font qu’Airbnb est un espace intuitif et fluide. Outre les règles d’or établies pour le bon fonctionnement du service, Airbnb assure une forme de sécurité par leur service d’accompagnement et par la transparence des informations.

     

    Installer la confiance

    Le réseau de membres constitue une plateforme communautaire dans laquelle chacun peut éditer un profil détaillé et cerner les multiples autres personnalités (photos, profession, hobbies, contacts par réseaux sociaux, etc.). Par là, Airbnb favorise les échanges d’expériences et les témoignages permettant d’une part, de mettre en relation les hôtes et les voyageurs plus intimement ; et d’autre part, d’installer un réel système de confiance réciproque. Effectivement, les commentaires positifs ou négatifs laissés par les membres pour valoriser ou dénoncer des comportements permettent au système de s’auto-réguler.

     

    En quoi ce service est-il bien designé ?

    Depuis sa mise en place, Brian Chesky vit en voyageant de chambre d’hôte en chambre d’hôte du service Airbnb. Expérimentant au quotidien les différentes formes d’accueil possibles, l’équipe d’Airbnb est en situation « d’expérience usager » constante et peut ainsi faire évoluer au mieux les services qu’ils proposent.

    un article proposé par
    Perrine Boissier pour User Studio

  • 2 Fitbit

    Petit accessoire mesurant différentes données personnelles du quotidien, Fitbit accompagne les usagers dans leur évolution vers des modes de vie plus actifs. Révélant en temps réels chaque petit effort réalisé dans une journée (calories consommés et brûlés, nombre d’heure en état sédentaire ou actif, qualité du sommeil, etc.), les services de Fitbit permettent aux utilisateurs de veiller simplement sur leur santé.

    Donner de la visibilité

    Exploitant le pouvoir des nouvelles technologies, Fitbit consiste à la fois en un produit performant très discret (un capteur de 5,5 cm) et un panel de services qui mettent en lumière un grand nombre d’informations insoupçonnées par les usagers. Visant à rendre les usagers plus conscients de leurs activités, toutes les données enregistrées sont rendues sous forme de statistiques accessibles sur Fitbit.com. Le tableau de bord donne une grande visibilité sur les activités et leurs progressions sur plusieurs jours.

    Outiller le quotidien

    Fitbit est un capteur de mouvement 3-D qui permet d’évaluer en détail les calories consommés et brûlées, le temps d’activité sédentaire ou dynamique, la distance parcourue dans la journée, mais aussi les pentes et marches grimpées grâce à un altimètre, ou encore visualiser la qualité de son sommeil. Ce nouvel accessoire doit pouvoir ainsi encourager les usagers à prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur par exemple. Le capteur se glisse dans une poche ou s’accroche à la ceinture et intègre parfaitement le quotidien de ses usagers. Les statistiques sont téléchargés automatiquement à chaque fois que votre capteur est branché (ou reconnu par bluetooth) sur un ordinateur.

     

    S’approprier /personnaliser

    Sur Fitbit.com les usagers peuvent se retrouver en communauté pour partager des informations avec des amis ou de la famille pour se soutenir ou entretenir une compétition. Les services de Fitbit fédèrent aussi les usagers autour des forums où ils peuvent demander des conseils. En entrant ainsi dans le quotidien des usagers, Fitbit est conçu pour devenir un accessoire très personnel : les usagers peuvent donner un nom au capteur et reconnaître ceux de leurs proches ; possibilité de programmer un message d'accueil à l’allumage, etc.  Pour favoriser l’interaction entre les usagers et le produit, même l’identité du produit évolue avec la densité de l’activité (le motif d’une fleur grandit à mesure que l’activité s’intensifie).

    En quoi ce service est-il bien designé ?

    Le service repose sur la conception fine d’un objet capable de s’intégrer discrètement dans le quotidien d’un usager tout en captant une grande quantité d’information. Le design du service fitbit consiste à rendre tangibles et appropriables des données immatérielles, ainsi que de traduire une information personnelle souvent imperceptible.

    un article proposé par
    Perrine Boissier pour User Studio

  • 3 Hello smile

    HelloSmile est le projet d’une clinique dentaire entièrement redessinée par une équipe plusridiscilinaire du Hellolab (consultants, designer, sociologue, professionnels de l’enfance et du corps médical…) pour offrir un service axé sur la prévention. De l’organisation de l’espace à la communication visuelle, tous les services sont conçus pour inciter les patients issus de milieux défavorisés à veiller sur leur santé bucco-dentaire.

      

    Observer les usagers

    Afin de mieux comprendre les enjeux et fonctionnement du milieu bucco-dentaire, patients, personnel soignant et dentistes sont sollicités pour imaginer ensemble la nouvelle clinique Hellosmile. Soutenir son travail sur la prévention tout en assurant la stabilité du modèle économique de la clinique implique un travail sur la communication avec les familles, pour prouver que plusieurs visites de suivis ne coûtent pas plus cher qu’une grande intervention d’urgence. Les concepteurs ont donc tenté d’expérimenter le point de vue des enfants à chaque étape d’une visite en cabinet pour révéler des difficultés ou les opportunités pour inciter le changement d’habitudes.

        

    Raconter une histoire

    L'équipe de Hellosmile a proposé de concevoir l’organisation de l’espace comme un récit qui créerait une nouvelle expérience pour l'enfant en lui laissant une bonne image de la clinique. C’est ainsi que les chambres, salles de consultations ou salles d’attente, ont été transformées pour créer l’univers narratif d’un voyage dans le ciel, distrayant les enfants souvent soucieux pendant les visites. L’ensemble coloré et graphique élaboré pour le récit est aussi un support pédagogique pour communiquer sur la santé, l’alimentation, l’hygiène, etc. Effectivement, après un travail d’analyse cartographiant les comportements des familles, les concepteurs ont pu dessiner des espaces et des objets « remue-méninges » avec lesquels les parents comme les enfants sont amenés à se poser des questions.

          

    Construire la cohérence

    Toute la clinique HelloSmile a été repensée à partir de l’analyse des comportements et des besoins de chacun, c’est pourquoi le travail de design a été mené par une équipe pluridisciplinaire. Services, supports de communication, espaces et produits ont été dessinés en cohérence les uns par rapport aux autres pour renvoyer à un univers global rassurant et incitant le public à changer ses habitudes. Cette cohérence est soutenue par l’identité de la marque HelloSmile qui représente cette démarche interactive entre patients et spécialistes. Par exemple, la clinique propose son programme d’encouragement sous forme d’un passeport personnel estampillé à chaque visite, servant aussi de carnet de suivi pour le personnel soignant. Faisant échos au même univers de voyage, ce passeport sert à a fois à accompagner le récit, et à valoriser les enfants qui viennent souvent. Le HelloLab a ainsi développé une grande variété de supports aidant les dentistes à traduire et transmettre les grandes idées et les bonnes pratiques à leurs patients.

      

    En quoi ce service est-il bien designé ?

    La démarche des designers centrée sur les usages et la richesse des échanges entre l'équipe pluridisciplinaires et les différentes équipes ont permis au Hello lab de repenser toute la clinique dans une cohérence globale adaptée à son public. Les codes formels d’Hello Smile s'émancipent completement de ceux du milieu médical pour véhiculer des messages immédiats et adéquats, accueillants et ludiques, servant une démarche préventive plutôt que currative.

    un article proposé par
    Perrine Boissier pour User Studio

  • 4 Kickstarter

    Les bonnes idées ne voient pas le jour si facilement : Georges Lucas n’a trouvé aucun studio acceptant de financer Star Wars et les Beatles se sont fait refuser l’entrée dans de nombreux studios d’enregistrement avant de signer leur contrat... Oui la persévérance paye mais qu’en est-il des autres idées ? Toutes ces bonnes idées n’ayant pas eu la chance d’être approuvées par un financement ? L’idée du crowdfunding est simple et finalement pas totalement nouvelle, cela consiste à faire financer des projets par un grand nombre de personnes dont l’apport reste très limité au niveau individuel.

    Depuis bien longtemps maintenant nous connaissons 3 modèles de financement :

    • - être “banquier” : prêter de l’argent en récupérant des intérêts.
    • - être “actionnaire” : donner de l’argent en échange d’une participation dans l’entreprise
    • - être “mécène” : donner de l’argent gracieusement dans un esprit philanthropique

    Les deux premières solutions s’appliquant difficilement aux petites contributions, KickStarter.com mise sur la dernière : le mécénat de masse, participatif, collaboratif... Non ce n’est pas entièrement nouveau mais les possibilités offertes par internet changent grandement la donne. Cette masse ne se limite plus au réseau personnel du créateur, aussi étendu soit-il, et l’enjeu du design devient fondamental. En effet il a fallu créer de toute pièce un outil servant une pratique nouvelle pour l'extrême majorité de ses utilisateurs. Sur ce point, même si tout n'était pas opérationnel dans la première mouture du site, nous pouvons dire que KickStarter.com ne s’en est pas trop mal sorti.

    LE CROWFUNDING FAÇON KICKSTARTER

    Restons un temps sur la pratique elle-même. Il a d’abord fallu la nommer, la réguler et la doter de son vocabulaire spécifique. Ainsi est né le “crowdfunding” dérivé du “crowdsourcing” de Jeff Howe.Plusieurs sites se sont créés avant Kickstarter.com (Artistshare.com, Pledgie.com, Indiegogo.com...) mais le modèle de Kickstarter.com a certainement rencontré le plus grand succès. Ce sont les seuls à avoir utilisé le terme spécifique de “backers” au lieu d’investors, financiers ou supporters... Et cela participe beaucoup de l’appropriation du service, non seulement par son sens - la communauté est littéralement derrière le projet, le pousse vers un objectif commun - mais aussi car c’est désormais un terme propre à Kickstarter.com, participant de son identité.

    Parmi toutes les modalités différentes proposées par les sites de crowdfunding, le choix du système “tout ou rien” est également très important. Si un projet n’atteint pas son objectif de financement dans les délais impartis alors le créateur ne reçoit rien, ne paye rien et tous les “backers” sont remboursés. En cas de succès le créateur reçoit les fonds une fois la commission de KickStarter.com déduite. La soumission d’un projet est gratuite. Rien de plus simple. Enfin le type de projet accepté - les projets “créatifs” - est également assez large pour que chacun y trouve son compte tout en surfant sur des tendances avérées et profondément ancrées au sein du public visé, plutôt sensible aux enjeux de l’économie collaborative et participative.

    Toujours sur le service en lui même, il est important de souligner deux éléments : le système de récompense ("rewards") et les règles d'utilisation du service. En effet le système de récompense est à la base du succès du crowdfunding : les gens ne donneront pas leur argent par pure charité pour un projet créatif, il faut avoir quelque chose en retour (même si la possibilité existe sur le site de donner en refusant de recevoir la moindre récompense). Rien de très nouveau évidement, tout mécène a toujours eu l'accès gratuit au vernissage de son poulain par exemple. Mais lorsque vous avez 50 000 personnes qui vous ont aidé... comment faites-vous pour tous les récompenser ? Kickstarter.com a donc obligé les créateurs à proposer des récompenses à leurs "backers", tout en imposant certaines règles : pas d'argent en retour d'argent par exemple. Ils proposent aux créateurs un outil de création de récompenses par pallier : "entre 1 et 10 dollars vous aurez ceci", "entre 10 et 30 dollars vous aurez ceci"... Nous parlions de règles un peu plus haut, et bien là aussi il a fallu tout créer de zéro. En l'absence de cadre législatif bien défini autour du crowdfunding, kickstarter.com a du définir ses propres règles d'utilisation. Sachant que lorsque l'on touche à des transactions financières tout devient vite très compliqué, le si faible nombre de litiges entre utilisateurs ou vis à vis de la plateforme est gage d'un travail plutôt bien réalisé. Ce sera cependant l'un des rares reproches que l'on peut faire au site, les critiques se font en effet assez nombreuses sur la mauvaise utilisation par les créateurs, de l'argent reçu. Pas de quoi inquiéter kickstarter.com cependant, qui ne se déclare plus responsable une fois l'argent transféré.

    Enfin le dernier point à aborder semble tout simplement naturel et si intelligent en termes de business. Je veux parler des pages officielles ("curated pages"), ce sont des pages sur lesquels une organisation ("a creative community") peut mettre en avant les projets qu'elles supporte. Qu'elle en soit à l'origine ou non. De la problématique de base du crowdfunding, kickstarter.com a donc réussi à en faire un espace de communication pour les entreprises. Sans doute évident au vu des pages de marques sur facebook ou pinterest, mais cela prouve que l'équipe de kickstarter.com a une vision globale de son service, ou devrait-on dire ici de son business model.

    UNE INTERFACE EXEMPLAIRE

    En ce qui concerne l'interface, le véritable problème que les designers de Kickstarter.com ont eu à résoudre portait donc sur la virtualisation d'une pratique analogique. En l'absence de référents antérieurs, il fallait donc se demander quels allaient pouvoir être les usages d'une telle plateforme et créer les fonctionnalités associées. Pour cela, les utilisateurs de Kickstarter.com peuvent être classés en 2 catégories : les "backers" et les "creators". Pour les premiers il s'agit avant tout de bien comprendre la nature et l'objectif du projet puis de pouvoir contribuer de la manière la plus simple et sécurisée possible pour enfin s'assurer que l'argent soit bien arrivée à destination et utilisée de manière adéquat. Pour les seconds il faut fournir un espace de présentation du projet simple d'utilisation et garantissant, via les fonctionnalités destinées aux "backers", le meilleur impact possible. Il leur faut pouvoir comprendre l'outil facilement pour valoriser au mieux leur projet.

    Du bon sens me direz vous ? Oui certainement, mais toujours plus facile à dire qu'à faire... Ainsi l'équipe de kickstarter.com a fait preuve d'une très grande attention au moindre détail. De la catégorisation des projets au système de news pour les "backers" sur les projets en cours, il a fallu tout imaginer, concevoir et réaliser pour remplir les fonctionnalités mentionnés dans le paragraphe précédent. Concrètement, ils ont réalisé une interface qui fait véritablement sens pour ses utilisateurs, aussi bien visuellement - elle véhicule très bien l'univers et les valeurs de la création - que fonctionnellement - remarquez la place primordiale accordée à la photographie ou à la vidéo. En un coup d'oeil sur la page d'un projet et sans un seul clic supplémentaire, vous aurez compris de quoi il s'agit dans les grandes lignes, combien de temps il reste pour contribuer, quel est l'objectif de financement, etc. Et vous n'aurez plus qu'à cliquer pour donner. Présenter autant de complexité dans un si petit espace ne relève évidement pas seulement du bon sens. Pour les créateurs l'équipe du site a également pensé à tout, l'outil est extrêmement simple d'utilisation évidement mais ils vous proposent également une compilation des best practices sur tous les aspects possibles et imaginables de votre projet : de la vidéo aux récompenses en passant par les moyens de tenir vos “backers” informés de l’avancement du projet.

    Enfin après tout ce travail sur le coeur du service et son interface, ils se sont attaqués au ton de leur relation avec l'utilisateur. Notez la légerté du discours et toutes les petites pointes d'humour de l'équipe - nous parlions d'attention au détail précédemment, tentez donc de cliquer sur la paire de ciseaux au niveau du footer - qui reçoivent un écho certain auprès de la communauté de créateurs, comme de contributeurs, du site.

    En clonclusion, non content d'être utile et intuitif, le service proposé par kickstarter.com est vraiment désirable pour ses utilisateurs, ce qui en fait un véritable succès. KickStarter en 2012 ce furent plus de 2 millions de personnes qui ont donné près de 320 millions de dollars pour environ 18 000 projets, soit une moyenne de 600 dollars levés par minute. Il ne vous reste plus qu'à les rejoindre...

    un article proposé par
    Edgar Roussille

  • 5 L'aéroport ANA se rend visible

    En 2010, face l'accroissement de la concurrence et l'augmentation du prix du pétrole, ANA (groupement d'aéroports du Portugal) change sa stratégie de développement. L'organisation souhaite basculer d'une logique d'infrastructure s'adressant principalement aux compagnies aériennes, à celle d'un fournisseur de services s'adressant aux passagers. ANA fait ainsi appel à l'agence de design de services britannique Engine pour l'accompagner dans l'implémentation de cette vision.

    UNE STRATÉGIE CENTRÉE SUR LE PASSAGER

    En observant à la loupe l'expérience vécue par les passagers des aéroports, ANA conclut que son rôle est d'aider les passagers à "se préparer au voyage".

    Photos illustrant le parcours d'un échantillon d'utilisateurs dans l'aéroport


    INSTALLER LE CHANGEMENT

    Fort de cette vision, Engine et ANA distribuent une gamme d'outils de sensibilisation au personnel des aéroports pour instaurer de manière durable la nouvelle culture de services centrée sur le passager (guides pratique pour l'implémentation des services, grilles d'évaluation pour mesurer la satisfaction des passagers, etc.)


    ASSOCIER L'ENSEMBLE DES PARTIES PRENANTES AU DÉVELOPPEMENT DES SERVICES

    Afin de s'assurer que les propositions soient bénéfiques pour l'ensemble des acteurs de l'écosystème aéroportuaire, ANA et Engine constituent des groupes de travail réunissant le personnel des aéroports et des compagnies aériennes pour l'accompagner dans la définition des nouveaux services destinés aux passagers.

    À l'issue de ces ateliers, neuf projets de services sont développés pour les besoins spécifiques de plusieurs typologies d'utilisateurs tels que les groupes ou encore les familles.

    Stratégie de services destinée aux groupes

    UN TEST AVANT LA GÉNÉRALISATION

    Les services destinés aux familles ont été prototypés et sont actuellement en phase de test dans l'aéroport.

    Prototype d'un service destiné à la famille

    Source (projet et photos) : Engine

    un article proposé par
    Loïc Bronnec

  • 6 Last.fm

    Devant le succès que remportent les services d’écoute de musique en ligne, la webradio last.fm se démarque en proposant une plateforme entièrement alimentée par les usagers eux-mêmes. Développant une application directement reliée aux bibliothèques musicales de chaque usager, la plateforme est un reflet des tendances musicales et un puissant relais des nouveautés.

    Inventer un comportement

    « On a dû inventer un mot pour ça, c'est le Scrobbling ». Misant sur le lien qui se crée entre les amateurs d’un même type de musique, les concepteurs de Last.fm développent un outil performant qu’ils baptisent « le scrobbler », une application permettant de partager très simplement sa bibliothèque et de recommander des titres dans une large communauté d’amateurs de musique.

     

    Créer une communauté

    Initiant ainsi un mouvement fédérateur, les services proposés sur last.fm sont dessinés pour cette expérience de communauté : connectés aux réseaux sociaux, Twitter, Facebook et autres Thumblr, les usagers peuvent taguer des titres ou des artistes, laisser des commentaires et des critiques, publier des coups de cœur, etc. Mais cette plateforme permet surtout de trouver des points communs avec d‘autres amateurs, repérer qui sont ses « voisins musicaux », qui parmi ses amis partage sa musique préférée, combien de fois le même titre a-t-il été écouté, etc.

    Diagnostiquer des profils

    La participation active des usagers permet aux administrateurs de la plateforme de dessiner des profils d’écoute et de faire des propositions ciblées. Installant une sorte de confiance entre l’équipe et l’usager, la webradio recueille les goûts et les préférences de milliers de membres pour leur transmettre régulièrement l’actualité musicale du style qu’ils apprécient (sortie d’album, événements, concerts, etc.), c’est ainsi que chacun peut écouter sa radio personnalisée ou se laisser guider par les goût d’un ami.

    Hyper accessibilité

    Les concepteurs ayant pris le parti d’intégrer la communauté au même titre que n’importe quel usager, il en résulte une grande lisibilité et simplicité d’usage. Jusqu’à l’explication des conditions d’utilisations, le langage utilisé dans la communication rapproche fortement les membres de l’équipe d’administration à l'ensemble des utilisateurs. Renforçant d’autant plus le phénomène de communauté.

     

    En quoi ce service est-il bien designé ?

    Last.fm est une plateforme conçue à partir de l'analyse très fine des besoins, des envies et des comportements d'un amateur de musique. En intégrant ainsi dans un même service tout ce qui peut faciliter l'écoute, la découverte et le partage, l'usager peut avoir une expérience musicale dense et complète. La plateforme propose une sorte de mimétisme des comportements d'un amateur qui cherche à découvrir, partager, critiquer, conseiller de la musique, en fluidifiant et facilitant des usages intuitifs.

    un article proposé par
    Perrine Boissier pour User Studio

  • 7 Nike+

    Nike+ ouvre en 2006 sa nouvelle plateforme de service permettant aux coureurs de rejoindre une communauté et entrer en compétition avec d’autres sportifs du monde entier en ouvrant un compte personnel de suivi et visualisation de ses performances.

    Promouvoir une image de marque

    S’adaptant aux usages des nouvelles technologies, Nike+ s'associe à Apple pour développer des services innovants ancrés dans tout l’univers de la course a pied. Développant une série d'accessoires et d’application d’usage quotidien, cette plateforme élargit grandement l’espace de visibilité de la marque. 

     

     

    Être force de proposition

    Etudiant la totalité des scénarios antérieurs et postérieurs à l'achat d’une paire de chaussure de sport, la marque développe des services adaptés à chaque étape : les motivations, la pratique de la course à pied et les résultats qu’elle peut donner. Nike+ accompagne les préoccupations des usagers comme la compétition, la performance ou encore la santé. Pour ce faire, les designers ont développé des outils performants d’analyse et de suivi des courses, mais aussi une cartographie mondiale des parcours possibles dans chaque ville.

     

    S’adapter aux personnalités

    L’analyse des pratiques de différents coureurs a permis à Nike d’élaborer des services adaptés aux différents profils de coureurs. Vitesse, fréquence et distance parcourues sont rendues sous forme de graphique statistiques didactiques permettant d’éditer des profils et faire des propositions ciblées à chaque coureur en fonction de leur priorités : courir plus loin, plus vite, ou plus souvent. La plateforme recense alors un grand nombre de données personnelles, créant une communauté où s’anime différents défis et challenges. La mise en réseau permet d’entretenir le soutien, la concurrence et le jeu qui fédèrent et fidélisent les membres Nike+.

    En quoi ce service est-il bien designé ?

    Nike+ est un service qui change d'échelle et vient "augmenter" le produit habituellement vendu par la marque. Effectivement, en s'intéressant à tout ce qui est connecté à l'usage d'une chaussure de sport, Nike+ replace l'usager au coeur du service proposé. Le service propose alors de nouveaux usages dépassant le domaine du sport, comme celui de la musique (adapter une playlist à son rythme de course), de la cartographie et de l'orientation (prévoir un parcours, s'approprier un trajet), ou encore l'univers du jeu (entrer en compétition avec d'autres coureurs du monde entier, etc.)

    un article proposé par
    Perrine Boissier pour User Studio

  • 8 Opower

    Nous aimons à penser que nos actions sont le résultat de notre libre arbitre, de conclusions indépendantes et raisonnées tirées de faits. Mais les sciences du comportement ont montré depuis bien longtemps maintenant que nous sommes bien plus influencés par ce que les autres font que nous ne voulons bien l’admettre. Opower, c’est l’histoire de deux alumni de Harvard qui ont décidé de mettre à profit ces théories dans le but d’inciter les citoyens à réduire leur consommation d’énergie. En effet la problématique énergétique est au coeur des débats actuels, mais surtout, le secteur de la distribution d’énergie a bien du mal a innover. Cela étant dit vous seriez bien inspirés de révolutionner la façon dont l’électricité traverse un câble...

    Opower propose donc aux compagnies de distribution d’énergie une solution logicielle pour les aider à engager leurs clients dans la réduction de leur facture énergétique, via des rapports réguliers et extrêmement personnalisés sur leur consommation. Ces rapports sont envoyés mensuellement ou trimestriellement, selon le fournisseur, et consistent en un module personnel comprenant le détail exact des consommations actuelles et des conseils et astuces pour les réduire. Ainsi qu’un module social qui met ces consommations en perspectives avec celles de vos voisins ou de consommateurs similaires (une centaine en général). Ils peuvent enfin combiner ces deux dimensions avec des messages comme “Pour éviter les surconsommations en été, la plupart des habitants de votre quartier règlent leur climatisation sur 24 degrés” par exemple.

    Pour créer ces rapports ils ont extrait les millions d’informations relatives aux consommations de chaque foyer (recueillies par les fournisseurs d'énergie) qu’ils ont compilé avec des données démographiques d’une multitude de sources différentes. Dans leur rendu ces rapports s’appuient en grande partie sur de la visualisation de données, principalement à l’aide de graphiques - et en couleurs, une petite révolution dans le monde de la facture - dans le but de véritablement illustrer la consommation. Le but étant de fournir un outil de comparaison permettant à l’utilisateur de facilement et rapidement contextualiser et comprendre sa consommation. En substance cela revient à donner du sens aux factures énergétiques, les transformer en véritables leviers d’action plutôt que de simples constats d’excès.

    Evidement cela soulève deux problèmes. La structure de l’information tout d’abord : qu’est ce qui est pertinent pour l’utilisateur et comment l’organiser sur une page ? Il n’est pas forcément évident de faire tenir toutes ces informations dans une simple page A4 tout en conservant une bonne lisibilité, le travail du designer a été clé sur ce point. Enfin le problème des formes est capital, proposer des représentations attractives pour un processus automatisé est toujours complexe. De plus lorsque l’on s’attaque à des factures ou autres rapports de consommation, le cadre légal est extrêmement stricte : certaines informations sont indispensables et vous ne pouvez pas les présenter n’importe comment... Là encore il est important de reconnaître un travail conséquent de l’équipe de designers d’Opower.

    L’équipe d’Opower a mis en évidence trois facteurs principaux qui influencent la consommation énergétique d’un foyer :

    • - Il y a une réelle satisfaction à savoir que l’on est plus performant énergétiquement que ses voisins
    • - La préservation de l’énergie est véritablement perçue comme indispensable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
    • - Les gens sont plus enclins à adopter certains comportements s’ils voient que les autres les reproduisent aussi.

    Ainsi tout l’aspect social du service repose en grande partie sur la plateforme web, fournie en marque blanche par Opower aux distributeurs d’énergie. Opower Marketplace, c’est son nom, offre au consommateur encore plus de détails quant à l’utilisation qu’ils font de leur énergie. Le site comprend des outils permettant à l’utilisateur de choisir le forfait le mieux adapté à son style de vie couplés à des astuces personnalisées de réduction de la consommation. Les fournisseurs énergétiques peuvent également, via Opower, envoyer  un texto directement à leurs clients pour les alerter lorsqu’ils consomment trop, en leur offrant des solutions pour diminuer l’utilisation. Un bel exemple de stratégie multi-canal pour construire de la motivation et de l’engagement via un feedback personnalisé.

    Le multi-canal est capital ici car il permet, en s’affranchissant des intermédiaires et des contraintes d’espace ou de temps, de rendre possible une relation directe entre le fournisseur et l’utilisateur. Ce dernier a donc beaucoup plus de contrôle sur sa consommation car il n’a paradoxalement plus à s’en préoccuper constamment : le service le fait pour lui. Et au lieu d’avoir besoin d’une heure pour appeler le service client de son fournisseur après avoir reçu une facture par courrier le 15 du mois, Opower donne la possibilité à l’utilisateur d’être informé partout, n’importe quand et de pouvoir répondre quand et comme il le souhaite.

    De plus Opower marketplace propose aux clients des bons de réductions sur des produits "eco-friendly", comme de la lessive pour eau froide, et surtout disponibles auprès des plus grands magasins américains comme Home Depot. Ces bons de réduction donnent donc un moyen rapide et économique pour l’utilisateur de faire ce que les rapports lui recommandent. Mais ces bons sont uniques et identifiés par leur code barre, permettant ainsi à Opower et ses partenaires fournisseurs d’énergie de savoir exactement qui, parmi leurs clients, a pris l’initiative de suivre la recommandation émise.  

    Oui nos comportements sont en grande partie définis par les normes, implicites comme explicites, que nous suivons. Cette tendance à répéter les comportements que nous observons autour de nous nécessite donc d'avoir connaissance de ce que font les autres autour de nous, de comment ils se comportent. Voilà toute l’ingéniosité du système Opower. En rendant accessible et comparables les consommations de tout un quartier, tout en récompensant les plus petits consommateurs, ils créent une nouvelle norme sociale. Faisant entrer la question de la facture énergétique dans le domaine public de discussion. Non seulement c’est intelligent mais c’est un véritable succès : les utilisateurs d’Opower plébiscitent le système de comparaison avec leurs voisins mais vont même chercher les consommations de leurs amis à l’autre bout du pays !

    Depuis des années les entreprises fournisseurs d’énergie demandent à leurs clients de faire de gros efforts, souvent très chers, pour économiser nos ressources. Mais peu de gens ont les moyens d’acheter un réfrigérateur A+ flambant neuf, sans parler du fait de demander à son propriétaire de faire poser des fenêtres plus isolantes lorsque vous êtes locataire... Au lieu d’utiliser les informations classiques quant au devenir de notre planète pour convaincre un petit nombre de consommateurs de faire de gros efforts, Opower crée une nouvelle norme sociale pour faire légèrement évoluer le comportement d’un très grand nombre de consommateurs.

    Mais cela ne se fait pas en un coup de baguette magique : après avoir conçu le fonctionnement du service et avoir déterminé ses formes il faut aussi réfléchir à la manière de s’adresser à tous ces utilisateurs. Ce ton doit évidemment être en cohérence avec l’environnement visuel proposé par le service : accessible, coloré et dans l’ensemble plutôt léger. Ce choix de la légèreté pour traiter un sujet d’importance – les économies d’énergie – n’est pas annodin, tout est réfléchi, il est important que l’utilisateur soit dans de bonnes dispositions si l’on veut ensuite lui demander de faire des efforts. Ce ton léger et humoristique en est la clé. Enfin il est intéressant de noter qu’ils s’adressent à leur clients (les fournisseurs d’énergie) sur le même ton qu’à leurs utilisateurs finaux. Alors même si cela s’inscrit clairement dans leur démarche marketing la cohérence est intéressante car elle montre qu’ils ont réfléchi à “comment convaincre” de manière générale et en sont arrivés à la conclusion que les belles formes et un ton personnel, ou en tous cas personnalisé, étaient la clé. Ce que prône le design de services depuis bien longtemps...

    En faisant économiser de 1,5% à 3,5% (en moyenne) d'énergie à l'échelle d'un état américain, Opower présente des résultats très concrets et sans commune mesure avec les autres programmes d'économie d'énergie. De plus le taux de satisfaction global des utilisateurs du service vis à vis de leur fournisseur d'énergie est en moyenne plus élevé de 5 points de pourcentage que celui des non-utilisateurs. Ainsi les fournisseurs proposant le service Opower arrivent à se différencier dans un secteur où l'innovation technologique semble plafonnée. L'appropriation du service est réelle parmi ses utilisateurs grâce à l'utilisation de la visualisation de données couplée à une dimension sociale, un très bon exemple de design de services au service du bon sens.

    un article proposé par
    Edgar Roussille

  • 9 Service bancaire de Bank of America (EU)

    En 2006, Bank of America recherchait des solutions pour inciter les jeunes et les retraités à l'ouverture de nouveaux comptes bancaires. La banque a alors fait appelle à IDEO pour ses capacités d’innovation à partir d’observations ethnographiques.

    OBSERVATIONS

    Suite à des entretiens et des enquêtes chez une douzaine de familles dans plusieurs régions des Etats-Unis, deux pratiques singulières se révélèrent. L’équipe constata que «de nombreuses personnes dans les deux publics ciblés, ainsi qu’au sein du grand public, avaient tendance à arrondir les sommes de leurs transactions en fin de mois par commodité et souci de rapidité. De plus, l’équipe dédiée au projet s’aperçue que les mères de famille éprouvaient des difficultés à épargner leur argent, par un manque de ressources ou par un manque de volonté.» (IDEO)

    Photo prise chez un utilisateur illustrant son habitude d'arrondir les sommes à payer

    SOLUTION

    Ces observations ont servi d'inspiration à IDEO pour imaginer un service bancaire et sa carte associée permettant d'arrondir chaque achat automatiquement au dollar supérieur, la différence étant transférée vers un compte d’épargne. IDEO a ainsi transformé une habitude observée en opportunité de service pour offrir aux clients de la banque une manière pratique d’épargner.

    DÉROULEMENT DU PROJET

    Pour mener ce projet à bien, IDEO a réuni un groupe d’experts aux spécialités diverses. Ceux-ci ont généré 80 idées qu'ils ont par la suite réduites à 12 avant de selectionner l'idée la plus prometteuse. Le concept retenu a été illustré par une vidéo puis prototypé sous la forme d'un site web afin qu'il soit testé par 1600 internautes. Après quelques améliorations, le service était prêt a être commercialisé.

    RÉSULTATS

    Le nouveau service, intitulé "Keep the Change" a attiré 2,5 millions de clients en moins d’un an, représentant plus de 700 000 ouvertures de comptes courants et 1 million de nouveaux comptes d’épargne.

    Campagne de communication du service "Keep the Change."

    Source (projet et photos) : IDEO

    un article proposé par
    Matthew Marino

  • 10 Service hospitalier de Kaiser Permanente (EU)

    Le groupe hospitalier américain Kaiser Permanente a sollicité IDEO en 2005 pour améliorer les échanges d’informations entre infirmières. Les solutions développées, grâce à une démarche de co-conception, a permis d’accroître la satisfaction à la fois des patients et du personnel de l’hopital.

    OBSERVATION

    L’hopital a identifié des risques pour la sécurité des patients et surtout une opportunité de garantir la continuité de leurs soins lors des rotations d’équipes. IDEO et Kaiser Permanente se sont focalisés sur ce moment charnière d’échange d’informations et de fonctions entre les infirmières ainsi que sur les éléments pouvant l’influencer. L’équipe a relevé que chaque infirmière possède sa propre manière de communiquer les informations.

     Photo illustrant la prise d'informations propre à chaque infirmière.

    SOLUTIONS

    Un programme en quatre étapes a été développé pour optimiser les rotations d’équipes. Deux étapes concernent la préparation de la rotation : l’affectation des patients puis la transmission d’informations aux infirmières "arrivantes" par des rapports standardisés. Les deux autres étapes interviennent pendant la rotation en commençant par une tournée des infirmières arrivante et sortante puis par l’installation d’un tableau blanc dans chaque chambre. Cette tournée permet de co-organiser avec le patient les objectifs à accomplir jusqu’à la prochaine rotation. Les différentes solutions ont été pensées pour pouvoir être améliorées par les infirmières.

    Tableau blanc installé dans chaque chambre. Chaque carte correspond aux catégories de soins. Les cartes retournées indiquent les soins effectués.

    DÉROULEMENT DU PROJET

    Suite à une phase d’observation pour comprendre la manière dont les informations sont transmises entre les équipes, quatre domaines d’intervention ont été identifiés : les calendriers, un logiciel, les informations transmises et les interactions avec le patient. Un travail de co-création, auquel ont participé des infirmières, des médecins et des directeurs, a donné naissance à des prototypes testés directement par les infirmières. (heureuses de pouvoir participer à la conception). Ayant fait leurs preuves dans quelques hôpitaux, les solutions ont été généralisées à tous les services de 35 hôpitaux.

    Phase de co-conception réunissant infirmières, médecins, directeurs et membres de l'équipe IDEO.

    RESULTATS 

    Depuis la mise en place du projet, Kaiser Permanente a enregistré une réduction des temps de préparation et de rotation, associée à une amélioration de la sécurité et de la satisfaction des patients. Un centre d’innovation a également vu le jour pour installer un développement continue des services.

    Source (projet et photos) : Kaiser Permanente, IDEO, AHRQ Health Care

    un article proposé par
    Loïc Bronnec

  • 11 social memories

    Social memories est une application développée par la Deutsche Post DHL pour le célèbre réseau social qu’est Facebook. Permettant à ses usagers d’éditer un recueil de multiples informations personnelles publiées depuis leur entrée dans le réseau, l’album révèle dans une mise en page dynamique les événements marquants, les statistiques et tendances des activités sur la durée, les publications d’amis, etc.

    Archiver

    Alors que l’activité du réseau social ne cesse de grandir, les multiples informations qui circulent sur la toile sont toujours plus éphémères. Social memories est un service qui veut répondre au besoin d’ancrer son activité dans le temps et de se remémorer des événements comme en feuilletant un album photo. Celui-ci ayant été abandonné depuis la photo numérique. C’est en analysant les pratiques des usagers qu’est né ce service d’archive et de mise en valeur du passé. L’édition de ses « mémoires » incarne un véritable objet qui a aussi vocation de transmettre l’histoire des pratiques numériques sociales.

     

    Analyser et rendre visible

    Le fait de pouvoir publier un livre généré à partir de données personnelles impalpables permet de matérialiser l’espace social virtuel et rendre tangible les liens qui se tissent à travers le numérique. Pour aller plus loin dans le partage d’informations personnelles, l’historique des activités se présente sous la forme de graphiques statistiques commentés et sa mise en page révèle des comportements ou des tendances caractéristiques d’une personnalité. Social Memories constitue ainsi une sorte de "bilan d’étape" d’un parcours d’usager dans la durée.

       

    Valoriser les personnalités

    Le design du recueil est élaboré à partir des photos et des informations publiées sur la page facebook, agençant spécifiquement les informations pour rendre lisible et impactant les grands moments de l’activité sociale. Social Memories devient « un livre dont vous êtes le héros » valorisant, par le graphisme et les matériaux utilisés (papier glacé, couverture cartonnée…), les images et temps forts dont les usagers se sentent les plus fiers (palette de couleurs personnalisable, choix des photos et des statistiques à publier, etc.). Le produit fini est un objet d’aspect très professionnel que chaque usager peut alors partager avec d’autres membres du réseau.

     

    En quoi ce service est-il bien designé ?

    La performance de ce service réside dans la gestion et l'organisation des données personnelles. La matérialisation des multiples informations échangées sur le réseau social prend la forme d'un véritable "objet de mémoire" élaboré à partir de l'analyse et du traitement de ces données pour produire un nouveau support d'échange et de représentation.

    un article proposé par
    Perrine Boissier pour User Studio

  • 12 The hub

    Installés déjà dans plusieurs villes du monde, les Hubs, sont des espaces de "coworking", offrant aux nouveaux travailleurs indépendants un milieu propice au développement du lien social et de la collaboration sans restreindre leur autonomie.

    Tiers lieux

    Les hubs, dits « tiers lieux », définissent des espaces hybrides entre domicile et travail qui s’organisent spontanément en fonction des usages. Adaptés aux besoins de mobilité et de flexibilité de ses membres, ces espaces mettent en place des services comme une plateforme web, un accueil humain organisé, la mutualisation de matériel ou de compétences. Au fur et à mesure que les modes de vies évoluent, nous auront certainement à imaginer de plus en plus de tiers lieux et penser la nouvelle économie collaborative qui les accompagne.

            

    Peer to peer

    Accueillant des entrepreneurs issus de différents horizons, les Hubs favorisent l’apprentissage basé sur les pairs et les échanges d’expérience entre membres. Ces lieux, propices à de nombreuses rencontres, révèlent des compétences complémentaires (finance, communication, ergonomie, modèle social, etc .) et font parfois naître des projets communs ou de nouvelles entreprises.

       

    Emulation

    « Ancrées localement et mondialement connectés »*, les Hubs sont des lieux-ressources créant une communauté dynamique et innovante où chaque membre met à disposition les ressources dont il dispose. Organisant des événements et des ateliers, les hubs diffusent leurs pratiques et permettent le libre accès à l’information au-delà du réseau.

     

    En quoi ce service est-il bien designé ?

    Analysant les pratiques d’un travailleur indépendant, le design permet d’organiser les fonctionnalités qui répondent à leurs besoins ambivalents d’interaction et d’indépendance. Ainsi l’aménagement de l’espace et du mobilier permet de s’installer en vis-à-vis  aussi bien que de s’isoler avec un client dans une salle fermée. Le design du service consiste alors à organiser la gestion des flux et des échanges en développant des outils performants de répartition des taches, de réservation des salles, ou d’usage des espaces de convivialité pour concrétiser et rendre viables la cohabitation des activités.

     

    un article proposé par
    Perrine Boissier pour User Studio